Porno, Érotisme, Spiritualité : et si tout dépendait du regard que tu portes ?

Porno, Érotisme, Spiritualité : et si tout dépendait du regard que tu portes ?


On nous a mis des cases

On nous a mis des cases. Le bien d’un côté. Le mal de l’autre. Le pur d’un côté. L’impur de l’autre. Le sacré d’un côté. Le profane de l’autre. La spiritualité d’un côté. La sexualité de l’autre. L’âme d’un côté. Le corps de l’autre.

On nous a dit : « La spiritualité, c’est sans chair. Sans désir. Sans plaisir. Sans sexe. Sans corps. La spiritualité, c’est l’élévation. C’est le renoncement. C’est la pureté. C’est le silence. C’est le ciel. »

On nous a dit : « Le porno, c’est sans conscience. Sans âme. Sans esprit. Sans respect. Sans amour. Le porno, c’est la chute. C’est l’avilissement. C’est l’impureté. C’est le bruit. C’est la terre. C’est l’enfer. »

Et on nous a demandé de choisir. De choisir notre camp. De choisir notre case. De choisir notre côté. D’être spirituel ou d’être sexuel. D’être pur ou d’être impur. D’être céleste ou d’être terrestre. D’être ange ou d’être bête. D’être âme ou d’être corps.

Mais la vie ne tient pas dans des cases. La vie déborde. La vie traverse. La vie unit. La vie réconcilie. La vie ne se laisse pas diviser. La vie ne se laisse pas enfermer. La vie ne se laisse pas réduire.

Et si on regardait autrement ? Et si on arrêtait de juger ? Et si on arrêtait de séparer ? Et si on arrêtait de condamner ?

Et si ce n’était pas ce qu’on regarde qui comptait ? Et si c’était comment on regarde ? Et si ce n’était pas ce qu’on fait qui comptait ? Et si c’était l’esprit qu’on y met ?

La conscience transforme tout. Même ce qui semble le plus lourd.


Le porno industriel : la machine à vide

Le porno industriel. Parlons-en. Sans tabou. Sans jugement. Sans peur. Parlons-en.

Le porno industriel, c’est la machine à vide. C’est l’usine à corps. C’est la chaîne de montage du plaisir. C’est le travail à la chaîne de l’orgasme. C’est la production de masse de la jouissance.

Des corps qui s’assemblent sans se voir. Des corps qui se touchent sans se sentir. Des corps qui s’unissent sans s’aimer. Des corps qui jouissent sans être présents. Des corps qui se donnent sans se donner.

Des orgasmes simulés. Des regards absents. Des gestes mécaniques. Des positions standardisées. Des scripts répétés. Des performances exigées. Des limites repoussées. Des humains utilisés.

Le sexe devenu geste technique. Comme faire du café. Sans âme. Sans présence. Sans conscience. Sans amour. Sans vie. Sans rien.

Ça laisse un goût de sang. Ça laisse un goût de cendre. Ça laisse un goût de vide. Ça laisse un goût de mort.

Mais. Mais ce n’est pas le porno qui est le problème. Ce n’est pas le sexe qui est le problème. Ce n’est pas le plaisir qui est le problème. Ce n’est pas l’image qui est le problème. Ce n’est pas le corps qui est le problème.

Ce qui est le problème, c’est l’esprit dans lequel c’est fait. Ce qui est le problème, c’est la conscience qui manque. Ce qui est le problème, c’est le regard qui est absent. Ce qui est le problème, c’est l’âme qui est niée. Ce qui est le problème, c’est l’humain qui est réduit.

Ce n’est pas ce qu’on regarde. C’est comment on regarde. Ce n’est pas ce qu’on fait. C’est l’esprit qu’on y met.


L’érotisme : l’art du désir qui suggère

Mais l’érotisme, c’est autre chose. L’érotisme, c’est l’art. L’érotisme, c’est la beauté. L’érotisme, c’est la conscience. L’érotisme, c’est la présence.

L’érotisme, c’est l’art du désir qui suggère. Qui ne montre pas tout. Qui ne dit pas tout. Qui ne donne pas tout. Qui laisse à l’imaginaire. Qui laisse au fantasme. Qui laisse au rêve.

L’érotisme, c’est l’ombre et la lumière qui jouent. C’est le clair-obscur. C’est le voile. C’est le mystère. C’est la surprise. C’est l’attente. C’est le désir. C’est la tension. C’est la beauté.

L’érotisme, c’est les temples de Khajuraho. Ces temples indiens sculptés d’amants sacrés. Ces temples qui célèbrent le corps. Ces temples qui célèbrent le désir. Ces temples qui célèbrent le plaisir. Ces temples qui célèbrent l’union. Ces temples qui célèbrent la vie.

L’érotisme, c’est les poèmes soufis. Ces poèmes d’amour mystique. Ces poèmes qui parlent de l’aimé et de l’aimée. Ces poèmes qui parlent de l’union. Ces poèmes qui parlent de la dissolution. Ces poèmes qui parlent de l’extase. Ces poèmes qui parlent de Dieu.

L’érotisme, c’est les estampes japonaises. Ces images délicates. Ces images suggestives. Ces images où le désir est suggéré, pas montré. Ces images où la beauté est célébrée. Ces images où le corps est sacré. Ces images où l’amour est divin.

L’érotisme, c’est la beauté qui célèbre des corps qui s’aiment. Des dieux qui dansent. Le sacré qui n’a pas honte. L’amour qui se donne. La vie qui se crée.

L’érotisme, ce n’est pas ce qu’on fait. C’est comment on le fait. Ce n’est pas ce qu’on montre. C’est comment on le montre. Ce n’est pas ce qu’on voit. C’est comment on le voit. C’est l’esprit qu’on y met. C’est la conscience qu’on y met.


La conscience transforme tout

La conscience transforme tout. Voilà la vérité. Voilà la sagesse. Voilà la libération.

La conscience transforme le porno en érotisme. La conscience transforme le sexe en prière. La conscience transforme le plaisir en offrande. La conscience transforme le corps en temple. La conscience transforme la chair en esprit. La conscience transforme la terre en ciel.

La conscience transforme ce qui semble le plus lourd. Ce qui semble le plus bas. Ce qui semble le plus honteux. Ce qui semble le plus impur. Ce qui semble le plus dangereux. Ce qui semble le plus mort.

La conscience transforme le porno industriel en art érotique. La conscience transforme la machine à vide en célébration de la vie. La conscience transforme les corps anonymes en amants sacrés. La conscience transforme les orgasmes simulés en extases véritables. La conscience transforme les regards absents en présences lumineuses.

La conscience transforme tout. Parce que la conscience est la lumière. Parce que la conscience est l’amour. Parce que la conscience est la vérité. Parce que la conscience est Dieu.

Quand tu regardes avec conscience, tu vois Dieu. Quand tu touches avec conscience, tu touches Dieu. Quand tu fais l’amour avec conscience, tu fais l’amour avec Dieu. Quand tu jouis avec conscience, tu jouis avec Dieu.

La conscience transforme tout. Même ce qui semble le plus lourd. Même ce qui semble le plus bas. Même ce qui semble le plus impur. Même ce qui semble le plus honteux. Même toi. Même moi. Même nous.


Le jour où j’ai vu des photos érotiques

Un jour, j’ai vu des photos érotiques. Des vraies. Pas du porno industriel. Pas de la mécanique. Pas du vide. Des photos érotiques. De l’art. De la beauté. De la conscience. De la présence.

Des gens restaient longtemps devant. Pas pour se rincer l’œil. Pas pour consommer. Pas pour se soulager. Pour être touchés. Pour être émus. Pour être traversés. Pour être transformés.

Il y avait du sacré là-dedans. Il y avait de l’âme. Il y avait de l’esprit. Il y avait de la conscience. Il y avait de l’amour. Il y avait de la vie.

Ces photos ne montraient pas tout. Elles suggéraient. Elles ne disaient pas tout. Elles évoquaient. Elles ne donnaient pas tout. Elles promettaient. Elles ne prenaient pas. Elles offraient. Elles ne consommaient pas. Elles célébraient.

Et les gens qui regardaient. Ils ne consommaient pas. Ils contemplaient. Ils ne prenaient pas. Ils recevaient. Ils ne jugeaient pas. Ils accueillaient. Ils ne se divisaient pas. Ils s’unissaient. Ils n’avaient pas honte. Ils étaient touchés.

Ce jour-là, j’ai compris. J’ai compris que ce n’est pas ce qu’on regarde. C’est comment on regarde. J’ai compris que ce n’est pas ce qu’on fait. C’est l’esprit qu’on y met. J’ai compris que la conscience transforme tout. Même ce qui semble le plus lourd.


Comment regarder en conscience

Alors, comment regarder en conscience ? Comment regarder avec présence ? Comment regarder avec amour ? Comment regarder avec Dieu ?

Arrête-toi. Avant de regarder. Avant de consommer. Avant de juger. Arrête-toi. Respire. Sens. Sois là. Présente. Consciente. Éveillée.

Respire. Profondément. Par le nez. Dans le ventre. L’air entre. L’air sort. L’énergie circule. La conscience s’éveille. La présence s’installe.

Demande-toi. Avant de regarder. Avant de consommer. Avant de juger. Demande-toi : « Pourquoi je regarde ? Pourquoi je consomme ? Pourquoi je juge ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je veux ? Qu’est-ce que j’ai besoin ? »

Accueille. Accueille l’excitation. Sans la juger. Sans la refouler. Sans la condamner. Accueille la gêne. Sans la juger. Sans la refouler. Sans la condamner. Accueille le désir. Sans la juger. Sans la refouler. Sans la condamner. Accueille tout. Sans te diviser. Sans avoir honte.

Reste conscient. Pendant que tu regardes. Pendant que tu consommes. Pendant que tu ressens. Reste conscient. Reste présent. Reste éveillé. Reste là. Ne te perds pas. Ne te dissocie pas. Ne t’absente pas.

Regarde avec amour. Regarde les corps. Regarde les visages. Regarde les âmes. Regarde avec amour. Regarde avec respect. Regarde avec conscience. Regarde avec Dieu.

Choisis. Choisis ce qui te rapproche de toi. Choisis ce qui te rapproche des autres. Choisis ce qui t’élève. Choisis ce qui te guérit. Choisis ce qui te libère. Choisis ce qui te rapproche de Dieu.

Remercie. À la fin. Toujours. Remercie. Remercie ton corps. Remercie ton âme. Remercie l’image. Remercie l’expérience. Remercie la vie. Remercie Dieu. Remercie-toi.

Intègre. Prends un temps. Bois de l’eau. Mange quelque chose. Écris. Dessine. Danse. Chante. Note ce qui est venu. Note ce qui est parti. Note ce qui a vibré. Note ce qui a guéri.


Ce que le maître zen a dit

Le maître zen l’a dit un jour. Ce n’est pas l’acte qui compte. C’est l’esprit dans lequel tu le fais.

Ce n’est pas ce que tu regardes qui compte. C’est comment tu regardes. Ce n’est pas ce que tu fais qui compte. C’est comment tu le fais. Ce n’est pas ce que tu dis qui compte. C’est comment tu le dis. Ce n’est pas ce que tu vis qui compte. C’est comment tu le vis.

Le chemin, ce n’est pas de suivre le désir. Ce n’est pas de refuser le désir. C’est de le traverser. En conscience. Avec les images. Avec les cœurs. Avec tout.

Traverse le désir. Ne le suis pas aveuglément. Ne le refuse pas rigidement. Traverse-le. Consciemment. Présentement. Avec amour. Avec Dieu.

Choisis ce qui te rapproche de toi. Choisis ce qui te rapproche des autres. Choisis ce qui te rapproche de Dieu. Plutôt que ce qui t’en éloigne.

Et que le regard qui relie te traverse. Et que la conscience qui transforme te traverse. Et que l’amour qui unit te traverse. Et que Dieu te traverse. Amen.

Prompt d’image dans l’article : Un maître zen assis en méditation, les yeux mi-clos, un sourire paisible. Devant lui, un écran allumé montrant une image érotique. Il ne juge pas. Il contemple. Il traverse. Style peinture numérique onirique, paisible, sacré. Tons : or, ocre, rose, blanc, lumière.


Et toi ?

Et toi, où en es-tu avec ton regard ? Est-ce que tu regardes en conscience ? Est-ce que tu regardes avec amour ? Est-ce que tu regardes avec présence ? Est-ce que tu regardes avec Dieu ?

Ou est-ce que tu regardes sans conscience ? Est-ce que tu consommes sans présence ? Est-ce que tu juges sans amour ? Est-ce que tu te divises sans honte ?

Raconte-moi. En commentaire. Ton regard. Ta conscience. Ton désir. Ta traversée. Ta vérité.

Je lis tout. Je reçois tout. Je bénis tout.

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